
Music Rai MP3
Le Raï, expression musicale qui peut être assimilée au rap US, car ces
deux types de musique, bien que très différentes musicalement, ont un
point commun ; elles viennent de la rue, du peuple, et expriment
l’opinion avec des mots crus sans tabous.
Le mot Raï qui signifie « Opinion » ou « Avis », vient des profondeurs
de la culture ornaise, où les Cheikh (les maîtres) récitaientt des
textes classiques du chant bédoui et la poésie populaire arabo-andalouse
lors des fêtes et des mariages et cela en langue dialectal.
Dès les années vingt, les maîtres et maîtresses du Raï traditionnel
oranais tels (Cheikh Khaldi, Cheikh Hamada ou
Cheikha Remitti),
représentent la culture bédouine traditionnelle. Leur répertoire est
double. Le registre officiel célèbre la religion, l'amour et les valeurs
morales lors des fêtes des saints des tribus, les mariages ou les
circoncisions. Le registre irrévérencieux (Une échappatoire aux rigueurs
de la morale islamique) est interdit et chanté essentiellement dans les
souks et les tavernes. Danseuses et musiciens ambulants y parlent de
l'alcool et des plaisirs de la chair. Ces deux formes sont à l’origine
du Raï moderne.
-Cheikha Remitti-
Dans les années trente, on chante le wahrani, adaptation du melhoun
accompagnée à l’oud, à l’accordéon, au banjo ou au piano. Cette musique
se mélange aux autres influences musicales arabes, mais aussi
espagnoles, françaises et latino-américaines. C’est ainsi que, vers les
années cinquante, avec Cheikha Remitti (Charak gataâ), cette musique
qui, à l’origine, ne rassemble que quelques chanteurs, finit par
s’étendre, après l’indépendance, à l’ensemble de l’Algérie. Les
instruments traditionnels du Raï (Flûte, derbouka et bendir)
s’accommodent de la guitare électrique et sa pédale wah-wah comme chez
(Mohammed Zargui) ou de la trompette et du saxophone comme chez (Bellemou
Messaoud).
Le Raï moderne lui est né à Oran à la fin des années 70, les
synthétiseurs et les boîtes à rythmes font leur apparition, le Raï
s’imprègne des styles rock, pop, funk, reggae et disco avec notamment
Mohammed Maghni, mais aussi Rachid et Fethi Baba Ahmed qui développent
la production Raï, et cela sous l’impulsion d’un ras-le-bol populaire,
et d’une envie pressante de vivre dont était demandeur la jeunesse
algérienne, des paroles simples, et des expressions venant directement
de la rue, loin du politiquement correct qu’imposait cette époque sous
la présidence de Houari Boumediène, et loin aussi des tendances
musicales orientales et égyptiennes surtout.
Au début des années 80, une génération de chanteur est née en même temps
que la génération de footballeur, la révélation de Bélloumi, Madjer,
Assad, fut quasi synchronisée avec celle de Khaled,
Mami, et Zahouania,
c’était l’age d’or des algériens.
En générale le raï parle de femmes, d’adultère, d’alcool, de mélancolie,
de la France et du visa, l’un des titres qui eu un succès phénoménal à
cette époque et YA BABOUR, (le bateau), une chanson qui parle d’exil
loin de l’Algérie natale, et loin de la famille. Ces sujets tabous,
chantés avec des expressions crues; « Elle est venue à la maison, et je
lui ai donné du Ricard, elle a passé la nuit chez moi », « Pour elle je
me soûlerai toute la nuit, et je la ramènerai de force chez moi, et cela
contre la volonté de son père et ses frères».
Ces paroles n’étaient pas acceptées dans une société musulmane
pratiquante, de ce fait le Raï fut interdit dans la plupart des foyers
algériens, car aux yeux des parents, il incitait la jeunesse à la
débauche (ce qui fut démentie par la suite), La jeunesse elle,
l’écoutait en cachette, dans la rue, chez des amis, ou dans les cafés,
Khaled, Mami, Fadhela et Sahraoui,
Zahouania, Cheb Abdel Hak,
Cheb Hasni, furent leur porte-parole, leurs cassettes audio se vendaient par
millier d’exemplaires, leur concert plein à craquer, même le clown des
enfants Hdidwane se mit au Rai, et eu un immense succès à la fin des
années 80.
En 1987, un duo avait défrayait la chronique, dans une chanson qui
restera dans les anales, Cheb Hasni et
Chaba Zahouania chantent « Dirna
l’amour fi baraka » (on a fait l’amour dans une baraque), interdit de
diffusion sur les médias algériens, ce qui ne l’a pas empêché d’être
écoutée par des millions de jeunes dans tout le pays. Le plus connus des
chanteurs Raï reste inévitablement Khaled, ce fut le premier à
l’exporter en dehors du territoire algérien, avec sa voix unique
veloutée et douce, il a conquit un nouveau public, sa chanson DIDI fut
un succès mondial, il a prouvé ainsi que le raï peut être écouté et
apprécié par une autre jeunesse que la jeunesse algérienne, il a ouvert
la porte à d’autres chanteurs comme Mami, et bien plus tard
Faudel et
Cheb Bilal.
Je rajouterai, que le Raï d’aujourd’hui n’est plus ce qu’il était, à
force d’interdire les chanteurs de s’exprimer, l’Algérie va perdre un
patrimoine très cher, la censure des paroles et des chanteurs a tué le
vrai Raï, celui qui disait tout haut ce que pensaient les jeunes tous
bas, le Raï rentre dans le politiquement correct, ce qui le conduit
directement au suicide.
Où sont les Chebs d’Oran? Hindi, Abdel-Hak,
Zahouania, Cheb Bouzid, et
autres ? La relève sera très dure, voir même quasi impossible,
Faudel
n’est pas au niveau, et le Raï&B risque de le faire oublier.
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